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Zorghx
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Re: Vos passages préférés

Messagepar Zorghx » Jeu 11 Aoû 2016 00:01

Bon! Ben moi, je ne suis pas trop citations^^.
Et pour l'instant, je n'ai rien de nouveau à proposer. ;)

D'autres, choses à proposer, Perceval?


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Re: Vos passages préférés

Messagepar La Conteuse » Lun 15 Aoû 2016 07:36


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Re: Vos passages préférés

Messagepar Perceval » Dim 21 Aoû 2016 18:29

Tricheuse qui ne met qu'un lien au lieu de recopier à partir d'un bouquin :)

Et si j'ai encore des taaaas de jolis textes, aventurons nous un peu dans le domaine de la comédie, avec un passage que vous avez surement déjà lu, ou dont au moins vous avez entendu parler, une des pages les plus drôles à mon sens du théâtre du grand Molière, extraite des fourberies de Scapin, pour vous resituer cela en contexte, Scapin tente d'aider les jeunes gens qui s'aiment au détriment de leurs pères qui ont prévu pour eux un tout autre mariage (croient-ils), pour cela Scapin a besoin d'argent, il va donc l'aller chercher auprès d'un des pères, lequel est d'une avarice monstrueuse:

Scapin: Ô ciel! ô disgrâce imprévue! ô misérable père! Pauvre Géronte, que feras-tu?
Géronte: Que dit-il là de moi avec ce visage affligé?
S: N'y a-t-il personne qui puisse me dire où est le seigneur Géronte?
G: Qu'y a-t-il Scapin?
S: Où pourrai-je le rencontrer, pour lui dire cette infortune?
G: Qu'est-ce donc?
S: En vain je cours de tous côtés pour le pouvoir trouver.
G: Me voici.
S: Il faut qu'il soit caché en quelque endroit qu'on ne puisse point deviner.
G: Holà, es-tu aveugle que tu ne me vois pas?
S: Ah, Monsieur, Il n'y a point moyen de vous rencontrer.
G: Il y a une heure que je suis devant toi. Qu'est-ce donc qu'il y a?
S: Monsieur...
G: Quoi?
S: Monsieur, votre fils...
G: Hé bien, mon fils...
S: Est tombé dans une disgrâce la plus étrange du monde.
G: Et quelle?
S: Je l'ai trouvé tantôt, tout triste, de je ne sais quoi que vous lui avez dit, où vous m'avez mêlé assez mal à propos; et cherchant à divertir cette tristesse, nous nous sommes allés promener sur le Port. Là, entre autres plusieurs choses, nous avons arrêtés nos yeux sur une Galère Turque assez bien équipée. Un jeune Turc de bonne mine nous a invité d'y entrer, et nous a présenté la main. Nous y avons passé, il nous a fait mille civilités, nous a donné la Collation, où nous avons mangé des fruits les plus excellents qui se puissent voir, et bu du vin que nous avons trouvé le meilleur du monde.
G: Qu'y a-t-il de si affligeant à tout cela?
S: Attendez, Monsieur, nous y voici. Pendant que nous mangions, il a fait mettre la galère en mer, et se voyant éloigné du port, il m'a fait mettre dans un esquif, et m'envoie vous dire que si vous ne lui envoyez pas par moi tout à l'heure cinq cents écus, il va vous emmener votre fils en Alger.
G: Comment, diantre, cinq cents écus?
S: Oui, Monsieur; et de plus, il ne m'a donne pour cela que deux heures.
G: Ah le pendard de Turc, m'assassiner de la façon!
S: C'est à vous, Monsieur, d'aviser promptement aux moyens de sauver des fers un fils que vous aimez avec tant de tendresse.
G: Que diable allait-il faire dans cette galère?
S: Il ne songeait pas à ce qui est arrivé.
G: Va-t'en Scapin, va-t'en vite dire à ce Turc que je vais envoyer la justice après lui.
S: La justice en pleine mer! Vous moquez vous des gens?
G: Que diable allait-il faire dans cette galère?
S: Une méchante destinée conduit quelques fois les personnes.
G: Il faut, Scapin, il faut que tu fasses ici l'action d'un serviteur fidèle.
S: Quoi Monsieur?
G: Que tu ailles dire à ce Turc qu'il me renvoie mon fils, et que tu te mets à sa place, jusqu'à ce que j'aie amassé la somme qu'il demande.
S: Eh, Monsieur, songez-vous à ce que vous dites? et vous figurez-vous que ce Turc ait si peu de sens, que d'aller recevoir un misérable comme moi, à la place de votre fils?
G: Que diable allait-il faire dans cette galère?
S: Il ne devinait pas ce malheur. Songez, Monsieur, qu'il ne m'a donné que deux heures.
G: Tu dis qu'il demande...
S: Cinq cents écus.
G: Cinq cents écus! N'a-t-il point de conscience?
S: Vraiment oui, de la conscience à un Turc. (désolé pour le racisme, c'est d'époque hein!)
G: Sait-il bien ce que c'est que cinq cents écus?
S: Oui, Monsieur, il sait que c'est mille cinq cents livres.
G: Croit-il, le traître, que mille cinq cents livres se trouvent dans le pas d'un cheval?
S: Ce sont des gens qui n'entendent point de raison.
G: Mais que diable allait-il faire à cette galère?
S: Il est vrai; mais quoi! on ne prévoyait pas les choses. De grâce, Monsieur, dépêchez.
G: Tiens, voilà la clef de mon armoire.
S: Bon.
G: Tu l'ouvriras.
S: Fort bien.
G: Tu trouveras une grosse clef du côté gauche, qui est celle de mon grenier.
S: Oui.
G: Tu iras prendre toutes les hardes qui sont dans cette grande manne et tu les vendras aux fripiers, pour aller racheter mon fils.
S: [en lui rendant la clef] Eh, Monsieur, rêvez vous? Je n'aurais pas cent francs de tout ce que vous dites; et de plus, vous savez le peu de temps qu'on m'a donné.
G: Mais que diable allait-il faire à cette galère?
S: Oh que de paroles perdues! Laissez là cette galère, et songez que le temps presse, et que vous courrez risque de perdre votre fils. Hélas! mon pauvre Maître, peut-être que je ne te verrai de ma vie, et qu'à l'heure que je parle on t'emmène esclave en Alger. Mais le Ciel me sera témoin que j'ai fait pour toi tout ce que j'ai pu; et que si tu manques à être racheté, il n'au faut accuser que le peu d'amitié d'un Père.
G: Attends, Scapin, je m'en vais quérir cette somme.
S: Dépêchez donc vite, Monsieur, je tremble que l'heure ne sonne.
G: N'est-ce pas quatre cents écus que tu dis?
S: Non, cinq cents écus.
G: Cinq cents écus?
S: Oui.
G: Que diable allait-il faire à cette galère?
S: Vous avez raison, mais hâtez-vous.
G: N'y avait-il point d'autre promenade?
S: Cela est vrai. Mais faites promptement.
G: Ah maudite galère!
S: [Au public] Cette galère lui tient au cœur.
G: Tiens Scapin, je ne me souvenais pas que je venais justement de recevoir cette somme en or, et je ne croyais pas qu'elle dût m'être si tôt ravie. [Il lui présente sa bourse, qu'il ne laisse pourtant pas aller; et dans ses transports il fait aller son bras de côté et d'autre, et Scapin le sien pour avoir la bourse] Tiens, Va-t'en racheter mon fils.
S: Oui, Monsieur.
G: Mais dis à ce Turc que c'est un scélérat.
S: Oui.
G: Un infâme
S: Oui.
G: Un homme sans foi, un voleur.
S: Laissez moi faire.
G: Qu'il me tire cinq cents écus contre toute sorte de droit.
S: Oui.
G: Que je les lui donne ni à la mort, ni à la vie.
S: Fort bien.
G: Et que si jamais je l'attrape, je saurai me venger de lui.
S: Oui.
G: [remet la bourse dans sa poche et s'en va] Va, va vite requérir mon fils.
S: [allant après lui] Holà Monsieur.
G: Quoi?
S: Où est donc cet argent?
G: Ne te l'ai-je pas donné?
S: Non vraiment, vous l'avez remis dans votre poche.
G: Ah, c'est la douleur qui me trouble l'esprit.
S: Je le vois bien.
G: Que diable allait-il faire dans cette galère? Ah maudite galère! Traître de Turc à tous les Diables!
S: Il ne peut digérer les cinq cents écus que je lui arrache; mais il n'est pas quitte envers moi, et je veux qu'il me paye en une autre monnaie, l'imposture qu'il m'a faite auprès de son fils.

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PV:55
C : 40
T : 40
Dex : 35
Int : 33

Réputation: Giovanni : -15
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Combat à mains nues+5C
Décryptage: +3 Int
Poison: +1 Int
capacites : Tourbillon de flammes: Téléportation
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Régénération du démon 1D6/tour
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-Fléau fileur
-Dague cérémonie
-Dague bise
-Bouclier Gargamel feu
-Collier Itako
-Trousseau Passe-partout
-Sac sans fond
-Bandages
-Couverture
-Corde solide
-Tueur de troll(alcool)
-Boussole
-2 Chaudrons
-Rune du voleur
-Plume
-Encre
-Parchemins
-Miroir magique
-Balai sorcière
-Boîte de chocolats
-Symbole de Chauntea
-Anneau Dryade
-Pilon marbre
-5 Fioles vides à potion
-Pelle
-Amulette
-Pass trouille
-5 grenouilles séchées
-Gourde remplie
avec alcool de troll (pour Rackette)

Animal de compagnie: Rackette, gargafée femelle.
Race : Démon
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Re: Vos passages préférés

Messagepar Gargamel » Mar 23 Aoû 2016 20:06

@ La Contuse: Wow! Sympa quand même, ton texte, même si il est un peu tristounet, là,
avec des pendus et toutes leurs complaintes.Merci pour le partage, en tous cas. ;)

@ Perceval: Ah, les fourberies de Scapin! Extra!
Je pense qu'il n'y a personne qui n'aime pas. ;)
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Perceval
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Re: Vos passages préférés

Messagepar Perceval » Lun 29 Aoû 2016 03:01

Attention, texte pour "adultes"

On change encore de style, avec un texte beaucoup plus pimenté, plus enlevé, qui touche presque au ridicule tant il frise avec l'érotique et le sadisme, car c'est bien de lui qu'il est question, notre cher Marquis de Sade, avec un extrait des "Cent vingt journées de Sodome, ou l'école du libertinage", tout simplement le "règlements" de la société proposée dans ce texte, un des plus fameux romans libertins avec les liaisons dangereuses de Laclos. En raison du caractère érotique, voire pornographique de ce texte, je déconseille aux enfants et âmes sensibles de le lire et décline toute responsabilité si vous vomissez.

Petite explication indispensable: Ce texte est repoussant, mais, si tout le monde sait que le mot "sadisme" vient du nom du marquis, peu de gens en ont vraiment lu, je pense donc intéressant d'outre passer le dégoût que ce texte peut susciter pour découvrir un aspect de la littérature française. Par ailleurs, vu la description de la journée, vous constaterez qu'ils avaient une santé de fer à l'époque, et que les journées étaient bien remplies! (et pas que les journées d'ailleurs....)

Je ne peux laisser ce texte en raison du fait qu'il contrevient aux règles des forums. Ceci dit il est possible de lire le marquis de Sade. Je le déconseille aux personnes de moins de quinze ans (pour les plus avancés).Signé la Conteuse

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Re: Vos passages préférés

Messagepar Perceval » Mar 30 Aoû 2016 15:34

Dans un style plus enlevé et moins polémique, deux portraits réalisés par Madame de La Fayette, auteur française du XVIIème siècle, qui écrivait toujours anonymement. Le premier est un portrait de la marquise de Sévigné, grande amie de l'auteur (et qui savait qu'elle en était l'auteur), le second est un portrait de l'auteur par lui même dans lequel je me reconnais beaucoup (pas pour la partie physique bien entendu mais pour la suite!). Je respecte l'orthographe et la ponctuation d'époque, donc non ce ne sont pas des fautes de frappe ;) J'ajouterai enfin que Madame de La Fayette était une des figures de proue du mouvement des précieuses, raillé par Molière dans sa pièce "Les précieuses ridicules".

1. Portrait de Mme la Marquise de Sévigné, par Mme la Comtesse de La Fayette, sous le nom d'un Inconnu:

"Tous ceux qui se mêlent de peindre des Belles, se tuent de les embellir pour leur plaire, et n'oseraient leur dire un seul de leurs défaut; mais pour moi, madame, grâce au privilège d'Inconnu que je suis auprès de vous, je m'en vais vous peindre bien hardiment, et vous dire toutes vos vérités, tout à mon aise, sans craindre de m'attirer votre colère: je suis au désespoir de n'en avoir que d'agréables à vous conter, car ce me serait un grand déplaisir, si après vous avoir reproché mille défauts, je voyais cet Inconnu aussi bien reçu de vous que mille gens qui n'ont fait toute leur vie que vous louer. Je ne veux point vous accabler de louanges, et m'amuser à vous dire que votre taille est admirable, que votre teint a une beauté et une fleur qui assure que vous n'avez que vingt ans, que votre bouche, vos dents, vos cheveux sont incomparables: je ne veux point vous dire toutes ces choses, votre miroir vous le dit assez; mais comme vous ne vous amusez pas à lui parler, il ne peut vous dire combien vous êtes aimable et charmante, quand vous parlez, et c'est ce que je vous veux apprendre.
Sachez donc, madame, si par hasard vous ne le savez pas, que votre esprit pare et embellit si fort votre personne qu'il n'y en a point au monde de si agréable. Lorsque vous êtes animée dans une conversation, dont la contrainte est bannie, tout ce que vous dites a un tel charme, et vous sied si bien, que vos paroles attirent les ris et les grâces autour de vous, et le brillant de votre esprit donne un si grand éclat à votre teint et à vos yeux, que quoiqu'il semble que l'esprit ne dût toucher que les oreilles, il est pourtant certain que le vôtre éblouit les yeux, et que lorsque l'on vous écoute, l'on ne voit plus qu'il manque quelque chose à la régularité de vos traits, et l'on vous croit la beauté du monde la plus achevée. Vous pouvez juger, par ce que je viens de vous dire que si je vous suis inconnu vous ne m'êtes pas inconnue, et qu'il faut que j'aie eu plus d'une fois l'honneur de vous voir et de vous entretenir pour avoir démêlé ce qui fait en vous cet agrément, dont tout le monde est surpris: mais je veux encore vous faire voir, madame, que je ne connais pas moins les qualités solides qui sont en vous, que je fais les agréables, dont on est touché. Votre âme est grande, noble, propre à dispenser des trésors, et incapable de s'abaisser aux soins d'en amasser. Vous êtes sensible à la gloire, et à l'ambition, et vous ne l'êtes pas moins au plaisir. Vous paraissez née pour eux et il semble qu'ils soient faits pour vous. Votre présence augmente les divertissements, et les divertissements augmentent votre beauté, lorsqu'ils vous environnent; enfin la joie est l'état véritable de votre âme et le chagrin vous est plus contraire qu'à personne du monde. Vous êtes naturellement tendre et passionnée, mais à la honte de notre sexe, cette tendresse nous a été inutile, et vous l'avez renfermée dans le vôtre, en la donnant à Mme de La Fayette. Ha, madame, s'il y avait eu quelqu'un au monde assez heureux, pour que vous ne l'eussiez pas trouver indigne de ce trésor dont elle jouit, et qu'il n'eût pas tout mis en usage pour le posséder, il mériterait toutes les disgrâces dont l'amour peut accabler ceux qui vivent sous son Empire. Quel bonheur d'être le Maître d'un cœur comme le vôtre, dont les sentiments fussent expliqués par cet esprit galant et agréable que les Dieux vous ont donné: et votre cœur, madame, est sans doute un bien qui ne se peut mériter; jamais il n'y en eut un si généreux, si bien fait et si fidèle. Il y a des gens qui vous soupçonnent de ne le montrer pas toujours tel qu'il est, ais au contraire vous êtes si accoutumée à n'y rien sentir qu'il ne vous soit honorable de montrer, que même vous y laissez voir quelquefois ce que la prudence du siècle vous obligerait de cacher. Vous êtes née la plus civile, et la plus obligeante personne qui ait jamais été; et par un air libre et doux qui est dans toutes vos actions, les plus simples compliments de bienséance paraissent en votre bouche des protestations d'amitié, et tous ceux qui sortent d'auprès de vous, s'en vont persuadés de votre estime et de votre bienveillance, sans qu'ils se puissent dire à eux-même quelle marque vous leur avez donnée de l'un et de l'autre. Enfin vous avez reçu des grâces du Ciel qui n'ont jamais été données qu'à vous, et le monde vous est obligé de lui être venue montrer mille agréables qualités, qui jusques ici lui avaient été inconnues. Je ne veux point m'embarquer à vous les dépeindre toutes, car je romprais le dessein que j'ai fait de ne vous accabler pas de louanges, et de plus, madame, pour vous en donner qui fussent dignes de vous, et dignes de paraître, il faudrait être votre amant, et je n'ai pas l'honneur de l'être."


2. Portrait de Mlle *** fait par elle même:
" Je sais qu'il n'y a rien de si partagé dans le monde que les opinions; ce que les uns estiment, les autres le méprisent, et il faudrait être tout à fait ridicule, pour prétendre à l'approbation générale. Aussi ne fais-je pas mon Portrait pour être vu de toute la terre; je veux seulement qu'il divertisse les Personnes pour qui j'ai de l'estime. Que s'il arrive que d'autres gens le voient, quelque jugement qu'ils en fassent, je ne m'en mets pas en peine. J'essaierai pourtant de faire en sorte qu'ils ne puissent pas me reprocher d'avoir manqué de sincérité. Et pour commencer à dire ingénument les choses; je ne sais si je suis belle, mais je pense que je ne suis pas mal faite. Ma taille est médiocre, assez bien proportionnée et j'ai l'action fort libre; je gesticule même un peu en parlant. Mon air est modeste et négligé; cependant on y remarque je ne sais quoi de fier. Je crois que je ne plais pas d'abord. Mes cheveux sont presque noirs, au moins ils sont d'un châtain qui en approche fort. J'ai le tour du visage ovale, le front grand et les sourcils bruns, un peu moins que mes cheveux. Si j'en crois la voix publique, mes yeux sont beaux; ils sont bleus, et d'une raisonnable grosseur. Je ne suis pas satisfaite de mon nez et j'ai bien raison; il est effectivement trop gros, quoiqu'on veuille dire pour me consoler qu'il ne me messied pas. Ma bouche n'est ni grande ni petite; si mes lèvres étaient toujours fort rouges, elle ne serait pas trop laide: au moins ai-je les dents blanches, assez égales, mais trop grandes pour être belles. J'ai le bas du visage passable pour une Personne qui n'est pas excessivement grasse, et j'ai ce qu'on appelle un agrément au menton. Je suis blanche, et j'ai le teint délié, mais qui n'est pas fort vif. Quand je suis animée, je parais davantage. On me donne de l'agrément lorsqu'on me fait rougir et cela n'est pas malaisé. Il ne s'en faut guère que je ne rougisse à l'heure qu'il est quand je pense que je serai obligée de parler de ma gorge: je dirai en passant qu'elle est blanche, et puis c'est tout. Ma main n'a rien qui la fasse remarquer. De mon Esprit, j'en puis parler sans rougir; il ne me fait pas grand honte: je connais sa portée et je l'ai toujours plus observé que mon visage. Naturellement j'ai de la disposition à apprendre; peut-être que je m'en suis servie assez heureusement en de certaines rencontres. J'ai eu de la curiosité pour la plupart de ce que l'usage permet aux Demoiselles de savoir; mais j'ai le défaut de négliger tout ce que je sais: si bien que toutes les choses que j'ai apprises avec le plus de soin, je n'en sais plus aucune parfaitement. Sans ma paresse j'aurais entrepris sur le droit que les Hommes se sont réservé. J'aurais voulu étudier tout de bon, mais je suis négligente, et l'envie que j'ai de savoir ne saurait l'emporter sur le plaisir que je trouve à ne rien faire. Je lis pourtant fort volontiers, et tous les ouvrages d'Esprit me plaisent fort. Avec un Livre je me console facilement de la perte d'une bonne compagnie. Je ne m'ennuie guère seule, mes rêveries me tiennent lieu d'un grand divertissement. Je suis assez réglée dans mes pensées, et je n'ai pas de méchantes inclinations. La Vertu me charme tout à fait, et je me trouve tout à fait sensible au plaisir qu'il y a d'avoir fait une belle action. Pour la gloire qui en revient, elle m'est presque indifférente. De la vanité j'en ai peu, et de l'ambition je n'en ai point du tout. Je suis libréale. Ce m'est un plaisir de donner, et un chagrin de recevoir; il faut qu'on soit bien de mes Amis, quand je souffre qu'on me fasse des présents. Je n'aime pas naturellement tout ce qui tient tans soit peu de la bassesse; c'est pourquoi je manque quelquefois de complaisance. Je suis dans cette erreur de croire qu'on ne peut pas être fort complaisante et fort généreuse tout ensemble. Le déguisement ne se trouve guère avec moi; je dis ce que je pense, ou bien je ne dis rien du tout. Depuis qu'une fois j'ai pris un sentiment, on ne m'en fait pas changer comme on veut; cella s'appelle ou résolution, ou opiniâtreté, comme il vous plaira. J'aime mes Amies avec fermeté, mais je ne suis point caressante. Il n'y a rien de si difficile que je ne voulusse faire pour elles, encore que je ne leur fasse pas beaucoup de compliments. Je suis fort réservée dans le choix de mes Amies, et il ne l'est pas qui veut. Pour être à mon gré, il ne suffit pas d'avoir de l'Esprit, il faut encore être commode; car je n'aime pas ceux qui observent tout ce qu'on dit. Je suis trop ennemie de la contrainte pour l'approuver dans la conversation. Dès que je m'y vois libre, je suis plaisante, pourvu qu'on ne me raille point fortement, ou qu'on ne me die point de galanteries qui me fassent perdre contenance; je suis une assez bonne Fille. Au reste quand on me fâche, je méprise étrangement les gens: on me le doit pardonner, c'est la seule vengeance que je tire des injures qu'on me fait."

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Re: Vos passages préférés

Messagepar Perceval » Mar 11 Oct 2016 00:11

Une petite citation de Dostoievsky, extraite de "Crime et châtiment", très d'actualité avec les débats de la présidentielle américaine:

"Le pouvoir n'est donné qu'à celui qui ose se baisser."

Ensuite, un petit extrait de mon auteur de théâtre préféré, le grand Corneille. Il s'agit d'un extrait de Médée, acte V scène 1, où elle décide, pour punir son mari Jason qui a décidé de lui préférer une autre, de tuer ses propres enfants qu'elle a eu avec lui pour le faire souffrir (alors qu'elle a déjà tué sa rivale ainsi que le père de celle ci, par des moyens forts douloureux)

"
Est-ce assez, ma vengeance, est-ce assez de deux morts ?
Consulte avec loisir tes plus ardents transports.
Des bras de mon perfide arracher une femme,
Est-ce pour assouvir les fureurs de mon âme ?
Que n’a-t-elle déjà des enfants de Jason,
Sur qui plus pleinement venger sa trahison !
Suppléons-y des miens ; immolons avec joie
Ceux qu’à me dire adieu Créuse me renvoie :
Nature, je le puis sans violer ta loi ;
Ils viennent de sa part, et ne sont plus à moi.
Mais ils sont innocents ; aussi l’était mon frère ;
Ils sont trop criminels d’avoir Jason pour père ;
Il faut que leur trépas redouble son tourment ;
Il faut qu’il souffre en père aussi bien qu’en amant.
Mais quoi ! j’ai beau contre eux animer mon audace,
La pitié la combat, et se met en sa place :
Puis, cédant tout à coup la place à ma fureur,
J’adore les projets qui me faisaient horreur :
De l’amour aussitôt je passe à la colère,
Des sentiments de femme aux tendresses de mère.
Cessez dorénavant, pensers irrésolus,
D’épargner des enfants que je ne verrai plus.
Chers fruits de mon amour, si je vous ai fait naître,
Ce n’est pas seulement pour caresser un traître :
Il me prive de vous, et je l’en vais priver.
Mais ma pitié renaît, et revient me braver ;
Je n’exécute rien, et mon âme éperdue
Entre deux passions demeure suspendue.
N’en délibérons plus, mon bras en résoudra.
Je vous perds, mes enfants ; mais Jason vous perdra ;
Il ne vous verra plus… Créon sort tout en rage ;
Allons à son trépas joindre ce triste ouvrage."

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Sieglinde
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Re: Vos passages préférés

Messagepar Sieglinde » Dim 25 Déc 2016 02:02

inutile, je crois, de préciser d'où cela vient:

"Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras qu’avec respect toute l’Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Œuvre de tant de jours en un jour effacée !
Nouvelle dignité fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d’où tombe mon honneur !
Faut-il de votre éclat voir triompher le comte,
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ?
Comte, sois de mon prince à présent gouverneur ;
Ce haut rang n’admet point un homme sans honneur ;
Et ton jaloux orgueil par cet affront insigne
Malgré le choix du roi, m’en a su rendre indigne.
Et toi, de mes exploits glorieux instrument,
Mais d’un corps tout de glace inutile ornement,
Fer jadis tant à craindre, et qui, dans cette offense,
M’as servi de parade, et non pas de défense,
Va, quitte désormais le dernier des humains,
Passe, pour me venger en de meilleures mains
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La Conteuse
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Re: Vos passages préférés

Messagepar La Conteuse » Lun 26 Déc 2016 10:41

Mouais ce n'est pas vraiment dans l'air du temps.
Oú est le retour à la lumière ?

Bien qu'en tirant un peu.... il y a le relais du vieux au fils qu'on pourrait interprêter comme renaissance même si á mon sens Le Cid trahit l'honneur.....



Salutation

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Par l'aube de chaque jour
Par la naissance du soleil
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Et par le dernier sommeil

Je te consacre oh vie

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Par l'ombre de l'oubli
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Et le souffle de la femme

Je te consacre oh vie

Par l'unité des sens
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Par le pouvoir de la connaissance
Et par celui de la raison

Puisse la ronde ne jamais s'achever.

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Mira
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Re: Vos passages préférés

Messagepar Mira » Lun 26 Déc 2016 10:47

Merci pour cette ode à la vie....
" Imaginer, c'est choisir "jean Giono
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